Le Parisien – 10/06/2016

  • 13 juin 2016
Le parisien

LE PARISIEN MAGAZINE.

Dans l’atelier des billards Toulet

|Hélène Brunet-Rivaillon|10 juin 2016, 8h02 |

Tables contemporaines ou vintage, gainage en crocodile ou en autruche… Toulet exauce les rêves les plus fous de ses clients.

A Bondues, à quelques kilomètres de Lille, Marc-Alain Deledalle dirige, à 38 ans, une fabrique de billards dont il a gravi tous les échelons. Et qu’il a même fini par racheter ! Il raconte comment, joueur de billard depuis l’enfance, il a été sponsorisé par Toulet pendant des années. Avant d’y être employé en alternance pendant ses études de commerce, puis de se hisser au poste stratégique de directeur commercial. Propriétaire de l’entreprise depuis 2008, il fait bondir son chiffre d’affaires (+ 63 % en 2010, puis + 15 % chaque année depuis) et double les effectifs (une trentaine de salariés aujourd’hui). Son secret ? Casser les codes du billard et miser sur le design et la personnalisation. Ses équipes se plient aux moindres désirs des clients, s’adaptent à la décoration de leurs intérieurs (gainage en crocodile ou en autruche, cuir polychromé, tapis colorés…) et mettent au point d’incroyables modèles high-tech (avec enceintes intégrées ou éclairage du tapis). Guillaume Nowicki, 30 ans, le designer de la maison, peaufine aujourd’hui les derniers détails d’un projet atypique élaboré pour un féru d’automobile : un billard logé dans la carrosserie d’une Mini Cooper. En parallèle, il termine la conception d’un modèle en verre, et les plans de baby-foot (un produit lancé il y a dix-huit mois) commandés par des hôtels qui accueillent des sélections nationales engagées dans l’Euro 2016.

Habillage en noyer et finitions à la feuille d’or

Le designer commence toujours par des croquis à main levée, qu’il affine ensuite sur ordinateur, notamment en 3D. Les plans techniques sont alors établis en binôme avec Franck, l’ingénieur, qui étudie « la faisabilité des créations ». Au-delà des enjeux de style et de fonctionnalité, il faut respecter les dimensions imposées par les normes de la discipline, telle que la hauteur (de 78 à 83 cm). Et tenir compte du poids final qui, entre l’ossature en acier et le plateau en ardoise, varie de 300 kilos à une tonne ! Le gros de la fabrication a lieu à l’atelier menuiserie, chapeauté par Geoffrey. La découpe des planches de bois (chêne, noyer, acajou) est numérisée. Puis, dans un inévitable brouhaha, les artisans se chargent « du polissage, du ponçage et de la peinture » des pièces du cadre et du corps. L’assemblage est ensuite automatique. Une fois le plateau posé sur la table, on agrafe le tapis. La maison fabrique ainsi 700 billards par an, vendus entre 2 500 et 8 000 euros. Pour un modèle prestige en noyer fini à la feuille d’or, un Américain de Las Vegas n’a pas hésité à faire un chèque de… 120 000 euros. Le billard est une passion qui n’a pas de prix !

Les Billards Toulet

Créée en 1857 par la famille Toulet, la maison de billards appartient à Marc-Alain Deledalle depuis 2008. Passionné, il en a modernisé le style, qui séduit des people comme Cathy Guetta et Cyril Hanouna.

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